23/09/2014

Voter tout seul, au coin de la rue

Le Conseil d’Etat, par mesures d’économie, veut détruire mon rituel citoyen. Sans enveloppe affranchie, je ne pourrais plus voter tout seul, au coin de la rue. Comme un con.


Je suis urbain, connecté et donc sans lien. J'aimais bien voter au coin de la rue, seul, dans une boîte-aux-lettres. Cette relation platonique avec l'Etat me rassurait. L'administration faisait le premier pas en m'adressant la correspondance. Je la lui retournais à bien plaire. Un coup de langue et l'enveloppe affranchie disparaissait dans la bouche froide du réceptacle PTT. J'avais voté, puis regagnais le flux du quotidien.

Le gouvernement voudrait tuer cette relation accommodante. Fini le rituel de l’homme pressé, seul et anonyme. Il me faudra acheter un timbre aux guichets pour correspondre. Via un intermédiaire. «Bonjour, j’aimerais un timbre.» Ca va me coûter.

Les mois difficiles, par mesures d'économie, je devrai me rendre à pied au bureau de vote. Croiser dans le bâtiment public des inconnus qui me déstabilisent. «Bonjour.» Sortir ma carte d'identité. «Voilà. Je m'appelle...» Rester coi face à la moue amusée du juré. Suivre son bras qui indique l’isoloir. «Ah, c’est là-bas.» M’isoler. Puis découvrir à la sortie des personnes qui vont se plier au même rituel. Ne déceler aucune hostilité dans leurs regards. Enfin glisser le bulletin dans le réceptacle rouge et jaune. «A voté», clamera mon correspondant. Contact. «Bonne journée.»


Bonus:

Capture d’écran 2014-09-22 à 23.29.59.png

Aventurier, tu as osé discuter avec un gars à la sortie du bureau de vote. Vous avez sympathisé et enchaîné les apéros. Après tu ne te souviens pas trop, il y avait son pote américain. Un sacré blagueur.

 

Commentaires

Bon mot!

Écrit par : Mère-Grand | 23/09/2014

Je viens de m'apercevoir ayant récemment déménagé dans le Canton de Vaud, qu'ici le timbre est de mise depuis longtemps sur les enveloppes de vote.

Mais j'ai toujours des carnets de timbres en réserve. Ce qui est plus difficile par contre, c'est de trouver une boîte aux lettres à proximité :-)))

Il y a des quartiers à Genève où l'on peut voter par internet. Déménagez ! Nous vivons dans un pays où tout est semblable mais rien n'est pareil d'une commune à l'autre et devenons timbrés.

Alors d'un Canton à l'autre, c'est le summum, il faut tout refaire, comme s'ils ne pouvaient pas transférer les dossiers, on veut même savoir où vous avez fait votre scolarité à 63 ans et tous les pays dans lesquels vous avez vécu, alors que vous êtes suisse !. Quant aux dossiers que l'on "peut" faire transférer, Genève qui n'en fait pas une de droite, met trois mois à comprendre que vous avez déménagé et après 3 courriers, se paie en outre le luxe de se tromper de date de départ, ce qui bloque tout nouveau dossier de l'autre côté.

On s'étonnera après cela, des impôts, des taxes, des déficits.

PLUS PERSONNE NE FAIT SON TRAVAIL CORRECTEMENT DANS CE PAYS ! Et j'ai 15 ans d'archives qui peuvent le prouver, dans tous les domaines de la société telle qu'elle est construite.

Un véritable gâchis de milliards.

Écrit par : Jmemêledetout | 23/09/2014

@ Jmemêledetout : A Morges, le timbre pour renvoyer l'enveloppe de vote est payant !

Et oui l'échange entre canton n'est pas extraordinaire : on a mentionné sur mon permis de conduire que j'avais passé ledit sésame dans le canton de Vaud alors que je l'avais passé à Genève un certain 1er juillet et étais partie le lendemain en vacances ... j'ai tenté de protester mais me suis heurtée à refus catégorique !!!

Écrit par : Marie | 23/09/2014

Les commentaires sont fermés.